DEFINITION DE L’EDUCATION POPULAIRE

L’animation, comme on la conçoit de nos jours, est née du concept d’Education Populaire (XX siècle).

L’Education populaire considère l’homme comme unique, social (dimension collective, solidarité) et en permanence perfectible.

Tous les hommes sont égaux en droits et peuvent bénéficier des mêmes conditions pour exercer leurs droits et assumer leurs responsabilités.

Tous les hommes étant différents, chacun peut enrichir les autres et s’enrichir des autres.

 

L’Education populaire prend ses racines dans le peuple (destinée aux plus défavorisés économiquement, socialement et culturellement), elle est intergénérationnelle et prend en compte toutes les activités humaines. Elle favorise donc les rencontres humaines et permets la réalisation de projets individuels et collectifs. L’Education populaire s’appuie sur le fait associatif.

 

CONTEXTE HISTORIQUE DE L’ANIMATION

Auparavant, on parlait « d’homme cultivé » : l’accès au savoir était réservé à la monarchie, la noblesse et la bourgeoisie. Le peuple n’accédait pas à la culture générale mais uniquement à l’instruction religieuse. 

Il faut attendre la Révolution de 1789 pour assister à une rupture avec cette vision doctrinale de l’éducation de l’homme. La Révolution veut faire de l’école un service public accessible à tous, gratuit et indépendant de l’Eglise Catholique.

En 1792, CONDORCET est le premier à exprimer l’idée d’éducation permanente en proposant que l’éducation se prolonge au-delà de l’école obligatoire (les communes construisent des maisons d’écoles, des cours du soir pour les ouvriers sont ouverts ; apparition de la Ligue de l’Enseignement par Jean MACE qui accompagne le développement de l’école).

En 1881-1882, les lois de Jules FERRY, vont définir les lois de l’école laïque, gratuite et obligatoire pour tous les enfants. Un système de vacances va être mis en place [pas dans un concept de tourisme (1936 avec autre conquête sociale « les congés payés »] mais pour libérer les enfants et aider au travail dans les champs : l’école s’est calquée sur l’organisation économique du pays c'est à dire foins/moissons/vendanges].

En 1890 : apparition des premières colonies de vacances par des organisations religieuses qui s’émeuvent de la santé fragile des enfants (tuberculose, rachitisme) [conditions de vie difficiles et de gros problèmes d’hygiène et de santé]. Eglise = santé publique et hopitaux ; mission sociale développée et basée sur la charité publique (patronage) ; [Suisse = phénomène des sanatoriums] Démarche sanitaire et d’éducation religieuse (soins du corps et de l’âme).

En 1905 : séparation de l’Eglise et de l’Etat. En matière d’éducation, on assiste jusqu’en 1914 à la concurrence école privée/école publique idem dans les colonies de vacances (anti-cléricaux = démarche laïque, sanitaire et éducative).

En 1936 : Le Front Populaire, en plus de l’amélioration des conditions de travail, crée un sous-secrétariat d’Etat pour mettre en oeuvre une politique en faveur de la jeunesse, des Sports et des Loisirs qui sera dirigé par Léo LAGRANGE. Les vacances sont mises en place pour le repos et  l'épanouissement personnel.

Entre 1940 – 1944 : guerre ; très peu de colonies ; à la Libération, une multitude de mouvements de jeunesse et d’éducation populaire naissent (CEMEA, FRANCAS, UFCV…) et chacun avec son identité va développer des projets de formation de cadres, de centres de vacances, de gestion d’activités sportives, de loisirs comme moyen d’apprentissage de la citoyenneté au niveau de la cité. Beaucoup d’efforts sont faits pour développer des méthodes d’éducation nouvelle.

Entre 1950 – 1960 : période de reconstruction qui va provoquer une urbanisation intensive pour accueillir les populations rurales. Dans les Z.U.P, à côté des logements, des équipements socio-éducatifs de quartiers vont être construits pour favoriser l’intégration des ruraux et des défavorisés (écoles, M.J.C, haltes-garderies, centres sociaux).

Age d’or des colonies de vacances. Explosion considérable (5 millions d’enfants partent en colonie) ; les Mairies sont propriétaires de nombreux centres de vacances qu’elles ont fait construire (Vendée et autour de Paris). Les régions qui ont développé l’accueil des colonies de vacances : Savoie et Haute-Savoie, Bretagne, Côte Atlantique.

Les régions Parisienne et Nord/Pas de Calais envoient le plus grand nombre d’enfants et de jeunes en séjours. Le terme de colonie va disparaître pour donner place aux centres de vacances qui assurent l’intégration à un nouvel environnement.

1960 : centres aérés (les femmes accèdent de plus en plus à l’emploi et il faut aider les parents qui travaillent répond à un besoin social de loisirs de proximité).

1970 : transferts des charges aux collectivités territoriales. L’Etat se désengage du financement de la construction d’équipements, de leur fonctionnement et de la rémunération des animateurs.

Selon leur politique, les communes accorderont plus ou moins d’intérêt à la politique de la jeunesse et de l’éducation populaire.

La politique de la ville va permettre à l’Etat de rejouer un rôle d’impulsion et de coordination d’actions et de projets (opération V.V.V…) cofinancés avec les municipalités.

Objectifs : rénovation urbaine, participation des habitants à la vie de leur quartier au sein des structures associatives.